deux-mille vingt-six

miettes quotidiennes

dix janvier

Ces envies, ces besoins plutôt, qui reviennent encore et encore, même après des mois d'hibernation : besoin d'écrire - beaucoup ; besoin de faire de la musique. De replonger, le plus profond possible, et me reconnecter à un flux qui ne m'appartient pas, mais qui peut m'entraîner loin, pour peu que je m'y plie.

L'année qui vient de s'écouler a eu son lot de surprises, et je gage que 2026 sera une année mouvementée, tant au niveau géopolitique global que dans ma petite vie personnelle. Ce sera, je l'espère, l'année des retrouvailles et des rencontres, et aussi - surtout - l'année de la discipline. Trop d'énergie est gâchée pour des raisons stupides, et je me disperse tandis que je pourrais avancer véritablement, en me rassemblant. En écrivant un peu tous les jours, en lisant davantage (et une liste plutôt dense d'ouvrages m'attend), en me bougeant pour créer et pour exister. Trop souvent l'espace m'écrase et je me retrouve dépossédé de moi-même, dans un environnement qui devient étranger, par inaction et par paresse. Si l'on ne bouge plus, que l'on s'enfonce dans un canapé ou sous une couette, le reste de la pièce finit par ne plus nous appartenir. L'appartement est un lieu lointain, l'univers extérieur s'estompe, on ne peut plus faire grand chose. Tout est à reconquérir, chaque jour. C'est ainsi que l'on se maintient dans l'existence. Que l'on s'étend. Et je compte bien croître, en cette nouvelle année.

Peu importe si j'ai dit cela des millions de fois, si je l'écris ici-même à nouveau ; je le répéterai autant qu'il le faudra, jusqu'à la fin, sûrement. Et chaque recommencement me pousse un peu plus loin.

J'ai vu hier soir l'Agent Secret, qui est un très grand film. On est saisi par l'image et l'intrigue, très nébuleuse jusqu'à la moitié du film - au moins. Les éléments du puzzle s'assemblent petit à petit, dans une certaine stupeur, tandis que le récit nous parvient par des voies très originales : aux images "intra-diégétiques" s'entrelacent des scènes d'un présent/futur, dans lequel des étudiantes écoutent des archives (publiques) pour le compte de leur université (privée) - ce qui est assez ironique compte tenu de l'intrigue initiale ; puis cette fin, que l'on pourrait dire escamotée, mais peut-être plutôt sublimée, affinée, par une mort qui ne nous est montrée que de manière indirecte, médiatisée par les archives.
Enfin, voilà, je ne vais pas en parler davantage, mais c'était un film impressionnant : du Cinéma, pourrais-je dire de manière un peu culottée, étant moi-même un cinéphile en carton.
J'étais le seul dans la salle, ce qui fait toujours émerger d'étranges sensations; pas un regard, en sortant, à croiser pour partager l'émotion du film, rien qu'un hall vide et une rue pluvieuse. C'est aussi bien comme ça.